La guerre moderne, c’était aussi l’autre nom de la «guerre bactériologique», il y a cent ans.

Certes, un sujet d’actualité. Mais on emprunte surtout ce titre à un fameux manuel de guerre «révolutionnaire», La Guerre moderne, de Roger Trinquier, qui récapitulait la pensée des « colonels au travail », en Indochine puis en Algérie, il y a soixante-dix ans.

Ainsi qu’au Cameroun, il y a soixante ans. Et au Biafra ensuite.
Une «pensée» toujours à l’honneur, et toujours active à travers les décennies. Comme en Argentine, il y a quarante ans. Au Rwanda, il y a trente ans.

Au Liberia et en Sierra Leone ensuite… En Côte d’Ivoire, il y a vingt ans… Et au Sahel depuis un moment.

Tant de crimes commis en son nom, en application d’une théorie aussi maline que maligne, mais surtout bête et méchante, et extrêmement dangereuse.

En plus, la guerre moderne s’exporte. Déjà adoptée au Vietnam, elle a beaucoup servi en Afghanistan et en Irak. Américains, Anglais, Russes ou Chinois, tous apprécient cette spécialité française qui rationalise ce qu’on a appelé la «guerre sale» pas seulement à Buenos Aires sous la dictature.

De manière générale, il s’agit d’une «guerre contre les populations».

Ainsi, la doctrine de la guerre moderne s’importe aussi, puisqu’elle s’intéresse passionnément à «l’ennemi intérieur», quel qu’il soit et où qu’il soit. Pour contrôler les banlieues comme contre les Gilets jaunes.

Pour combattre les American Indians à Standing Rock, ou réprimer les manifestations de Black Lives Matter, aux États-Unis. Pour contrôler la population comme le territoire, partout, chez les Ouïghours ou en Birmanie, et à New York comme à Paris.

À Hongkong comme à Beyrouth. Au Mozambique ou en Syrie. Partout.

Mais ce qui explose, partout, plus fort que les virus et que toutes les bombes, plus persistantes que les gaz lacrymogènes, ce sont les révolutions modernes, qui de Beyrouth à Santiago du Chili, en passant par Khartoum et Rangoun, de Gilets jaunes en Hirak, imposent leur marque à notre époque.

C’est aussi ce qu’on voudrait montrer et raconter ici.

On pensait faire un bimestriel, mais il y a trop d’actualité, et Guerre moderne tentera d’en rendre compte, en textes et en images sur ce site et sur nos différents supports.

MS
Guerre Moderne n°1 | 12 mai 2021

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