En 1996, le député-gouverneur du Sud-Kivu, Lwasi Ngabo Lwabanji, ordonnait aux Banyamulenge de quitter le pays dans un délai d’une semaine… Aujourd’hui, sous l’oeil de la Monusco, semble se réaliser dans le sud de la RDC une véritable épuration ethnique ciblant la population Banyamulenge, dont la citoyenneté est remise en cause depuis 1981 et la réforme du droit à la citoyenneté zaïroise. 

 

« Une menace génocidaire peu remarquée est apparue dans le Sud-Kivu. » L’Ong Genocide Watch alertait en octobre 2020 sur le fait que plusieurs groupes armés Maï-Maï, regroupant les communautés Babembe, Banyindu et Bafuliro, avaient « juré d’anéantir la communauté Banyamulenge ».

Les membres de cette communauté rwandophone, pourtant citoyens congolais, sont qualifiés « d’envahisseurs » et accusés d’être des étrangers.

« Cette alerte au génocide est basée sur la preuve d’une intention sérieuse de détruire les villages et de tuer le bétail afin que les Banyamulenge ne puissent plus occuper les quelques localités qui leur restent et ne puissent plus du tout subvenir à leurs besoins dans leurs régions natales de Minembwe et Bijombo. »

Depuis mars dernier, remontent du sud Kivu des alertes sur la multiplication des attaques contre les populations Banyamulenge, « dans des circonstances qui montrent clairement un haut degré de complicité entre l’armée congolaise déployée dans la zone » et alors que « la Monusco se contente d’observer ce qui se passe sans offrir aucune forme de soutien » :

— Le 16 mars 2021, les Maï-Maï Ilunga et Red-Tabara ont lancé des attaques dans la région de Kahololo, tuant 4 personnes, dont une femme de 82 ans, et brûlant 3 villages (Kageregeri, Kahundwe, Rwinkubo) ;

— Le 1er avril, des attaques de Maï-Maï ont été lancées contre les villages de Kabingo, Masha, Monyi, Rutigita et d’autres dans la région de Minembwe. « Au lieu de sécuriser la population attaquée, l’armée congolaise a attaqué les villageois assiégés, tuant 5 personnes, dont des enseignants et des étudiants. »

— Le 9 avril 2021, les attaques se sont intensifiées, les villages de Mataba et Goshen ont été brûlés ;

— Le 10 avril, plusieurs autres villages dont Marungu 1 et 2, Murambi, Gitembe, Rukuka, Gahusi et Bijige (Bibangwa) ont été attaqués et brûlés ;

— Le 21 avril 2021, quatre autres villages -Nyakamungu, Kageregeri 2, Mugono et Birindiro – ont été attaqués et brûlés.

— Le 23 avril, 16 villages qui avaient servi de refuge à la population banyamulenge en fuite ont été détruits.

— …

 

Les survivants, qui ont perdu tous leurs biens, y compris leur bétail, « pillé par les groupes Maï-Maï et Red Tabara », se sont réfugiés dans la plaine de la Ruzizi.

« La plupart d’entre eux se trouvent actuellement dans des conditions inhospitalières, fatigués, affamés et dans la crainte constante d’être exterminés. »

 

Un appel a donc été lancé sur les réseaux sociaux, #savemulenge :

« Nous avons besoin que justice soit faite, mais surtout nous voulons que les meurtres cessent MAINTENANT. #savemulenge »

 

SC

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Une pétition est en ligne depuis plusieurs mois :
Ecoutez les femmes congolaises de Minembwe : Assurez la protection et l’aide humanitaire !

Illustration:
Nous condamnons fermement le massacre de 5 Banyamulenge sans défense de Minembwe ; Bitwenge Bizuru (jeune homme) & 4 femmes Nyantabara (enceinte), Namuhoza Bibiyana, Royi Mutuzo & Nantabara Nantonesha.” 1er juillet 2021. Mahoro Peace Association (MPA), @MahoroMpa

 

 

 

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