30/06/21

Selon des informations reportées par le journaliste et analyste malien Segah Diarra, les États-Unis auraient opposé une fin de non-recevoir à la demande française d’augmentation des effectifs de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la Stabilisation du Mali (MINUSMA). Forts aussi du fait que la proposition de Paris n’avait pas été non plus prise en compte par le SG de l’ONU, le portugais Antonio Guterres, dans son dernier rapport du 26 mars dernier.

Si à Washington on souligne aujourd’hui que la MINUSMA est la mission la plus coûteuse et la plus meurtrière en termes de vies de Casques Bleus, le contentieux avec Paris est ancien.

En 2017, les Américains, avec les Britanniques, avaient refusé de financer une force de 5000 hommes des pays du G5 Sahel (Mali, Niger, Burkina Faso, Mauritanie, Tchad) sous la houlette de l’opération française Barkhane.

Depuis janvier de cette année, les USA, principaux contribuables du Département des opérations de paix (DOMP ou DPKO, selon l’acronyme anglais), insistent pour réduire le nombre de militaires de la mission, alors que la France souhaite le contraire.

L’exigence de Paris est encore plus pressante depuis l’annonce, le 10 juin par le président Macron, de la redéfinition de l’intervention française via un dispositif prévoyant surtout l’emploi de forces non-françaises, donc européennes, africaines et de l’ONU, et avec l’appui logistique et de renseignements des Américains.

Un remodelage qui, loin d’être un désengagement, prévoit l’intensification de l’action secrète, notamment des « opérations homo », et l’emploi majeur des interventions aériennes par rapport aux troupes au sol.

Par conséquent, la fermeture en perspective de la plupart des bases de Barkhane, notamment celles de Kidal et de Tessalit au nord du Mali, devrait permettre à Paris de partager les coûts humains et financiers, pour ne pas dire politiques, de sa présence au Sahel avec ses partenaires potentiels.

Pourvu que ces derniers soient convaincus du bien-fondé de la stratégie française.

LE

 

Ce 30 juin, l’ONU a décidé de prolonger d’un an la MINUSMA, jusqu’au 30 juin 2022.

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