BARKHANE

Vendredi 2 juillet, dans un communiqué avec visuels, le Groupe de soutien à l’Islam et aux musulmans (GSIM, ou JNIM, Jamāʿat nuṣrat al-islām wal-muslimīn), actif dans le centre et le nord du Mali, a revendiqué les attaques à moyen d’engins explosifs improvisés (​EEI ou IED, selon l’acronyme anglais) du 19 juin à Menaka, du 21 à Gossi et du 25 à Tarkint. 

«Le 21 juin, une patrouille du Groupement tactique désert [GTD] Tigre,  alors en reconnaissance autour de la base opérationnelle avancée [BOA]  de Gossi, dans le Gourma malien, a été la cible d’in attaque par véhicule suicide [SVBIED] alors qu’elle se trouvait aux abords de la ville.»
opex360.com

La force européenneTakuba, la force française Barkhane -frappée à la voiture piégée- et le contingent allemand de la mission onusienne (MINUSMA) ont été les cibles des combattants djihadistes («13 Casques bleus ont été blessés, dont 12 Allemands et 1 Belge») qui ont aussi mené une incursion contre le poste des Forces armées maliennes (FAMa) dans le village de Boni en tuant six militaires le 25 juin.

Samedi 3 juillet, à son tour, le site zone militaire opex 360 de l’armée française publie un papier concernant l’élimination, le lendemain des faits, du « groupe terroriste lié à l’attaque qui a blessé 6 militaires français à Gossi ». Vingt-quatre heures avant, la ministre française des armées, Florence Parly, avait annoncé à la presse la neutralisation et l’arrestation d’importants dirigeants de la mouvance djihadiste au Sahel :

« Du 8 au 19 juin, la force Barkhane, la task force Takuba (composée de forces spéciales françaises et européennes) et l’armée nigérienne ont mené l’opération Solstice ».

Nouvelle phase de la guerre au Sahel

Visiblement, l’escalade des opérations est accompagnée, d’une part et de l’autre, par la bataille médiatique. Signe que l’on assiste à l’entrée dans une nouvelle phase de la guerre au Sahel, plus âpre et radicale dans les modes opératoires, empruntés à l’action secrète et au renseignement.

Un tournant officiellement annoncé le 10 juin par le président français Emmanuel Macron et portant sur le remodelage de l’intervention française, que nombreux ont analysé à tort comme un désengagement des forces tricolores au Mali et dans la bande sahélo-saharienne.

La date de l’opération Solstice est elle aussi significative. Une semaine auparavant, le GAL Vidaud, commandant de la Task Force Sabre française, basée au Burkina Faso, avait, dans une interview à France 24, souligné la nécessité d’intensifier les « opérations de neutralisation ».

Le même jour démarrent les attaques djihadistes. Une riposte à laquelle Paris devait par ailleurs s’attendre, après le discours prononcé à la suite celui d’Emmanuel Macron par Youssef al-Annabi, chef d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), invitant à la mobilisation de l’ensemble des katibas (unités combattantes) islamistes.

Une intervention considérée très politique par les observateurs, car assortie d’appels à l’unité de toutes les communautés au Mali et au peuple français pour qu’il se désolidarise de la politique sahélienne de son exécutif.

 

LE

close

La newsletter

Nous ne spammons pas ! Consultez notre politique de confidentialité pour plus d’informations.